En cas d'échec scolaire
Pour mieux connaître les particularités d'apprentissage d'un sujet
Pour poser un diagnostic différentiel
Pour déterminer ses besoins particuliers
Pour vérifier les bienfaits de sa médication
Pour suivre son évolution, suite à un diagnostic médical ou à un traitement
Pour identifier la part respective des facteurs neurologiques et psychoaffectifs dans sa problématique scolaire
.
Un élève peut échouer dans une ou plusieurs matières et pour des raisons très diverses. Le bilan neuropsychologique permettra de déterminer la nature des difficultés scolaires d'un sujet et de conclure à la présence ou non d'un véritable trouble d'apprentissage.
Pour mieux cerner la nature des difficultés d'apprentissage, la neuropsychologue gagnera souvent à consulter la série de bulletins scolaires de l'enfant, échelonnés tout au long de sa scolarité. En effet, il peut être intéressant de vérifier si les moins bonnes notes du sujet en mathématiques ont sanctionné :
De la même façon, un échec scolaire en français peut provenir de causes très diverses :
Il peut être essentiel de déterminer le style cognitif préférentiel d'un sujet pour comprendre comment il traite les informations, comment il les met en mémoire et comment il les applique.
Lorsqu'un sujet travaille préférentiellement de façon séquentielle, il accumule des informations de détail, il retient le déroulement chronologique des situations qui lui sont exposées, il applique, étape par étape, les "modes d'emploi" qu'on lui enseigne. Il a donc besoin qu'on lui montre quoi faire, quand le faire et comment le faire, chaque fois qu'on veut lui apprendre une nouvelle technique.
Lorsqu'un sujet travaille préférentiellement de façon simultanée, il retient "en gros" les informations qu'on lui présente et seulement dans la mesure où celles-ci s'inscrivent dans le cadre d'une connaissance déjà acquise. Il est donc souvent réticent à utiliser un "mode d'emploi" pré-établi, préférant se fier à sa propre compréhension des situations et enrichir ses connaissances au gré de ses expériences personnelles. Il a besoin de se sentir impliqué personnellement pour s'intéresser à l'apprentissage d'une nouvelle technique.
L'approche pédagogique à mettre en place pourra donc être très influencée par les spécificités que présente tel ou tel sujet dans sa façon de comprendre, de mémoriser et d'appliquer ses connaissances, lors de la réalisation d'une tâche.
Le neuropsychologue dispose d'un certain nombre d'outils d'évaluation, permettant d'apprécier la manière selon laquelle le sujet utilise les processus cognitifs dans le traitement qu'il fait des informations qui lui sont transmises. Un "mauvais élève" utilise souvent de façon rigide les mêmes processus, quelles que soient les tâches à exécuter, et il manque alors de souplesse dans son adaptation aux situations nouvelles. Un entraînement orthopédagogique systématique peut permettre à l'élève en difficultés de diversifier ses processus d'apprentissage et d'augmenter l'efficience de ceux-ci à travers l'utilisation de meilleures stratégies d'encodage. Apprendre à apprendre devient alors très souvent le but ultime de la rééducation.
Les difficultés d'apprentissage peuvent être de nature très diverse et elles nécessitent un diagnostic précis pour bien orienter les mesures pédagogiques.
Les difficultés peuvent être non-spécifiques et relever
Dans certains cas, un simple changement de classe ou d'école sera suffisant pour mieux répondre aux besoins particuliers du
sujet évalué, selon les critères suivants :
Dans d'autres cas, l'ajout de mesures rééducatives, sur une base régulière (1 à 2 séances par semaine habituellement), sera la meilleure solution pour redresser la situation.
Parfois un redoublement de classe sera fortement recommandé ou encore une orientation vers un milieu scolaire adapté spécifiquement à la problématique du sujet s'imposera pour donner au sujet une véritable chance de progresser à son rythme.
Les enfants qui présentent un syndrome d'inattention avec ou sans hyperactivité gagnent souvent à prendre une médication psychostimulante. Bien des parents toutefois se montrent réticents à l'administrer car ils n'ont pas les moyens de vérifier par eux-même l'efficacité du médicament.
Un test-retest peut être effectué au cours du bilan neuropsychologique pour déterminer l'efficacité de celle-ci, à travers des tâches comparables.
Il est également parfois souhaitable d'évaluer les effets secondaires de telle ou telle médication (neuroleptique, antidépresseur, anxyolytique…) sur les capacités attentionnelles du sujet pour permettre au médecin de mieux ajuster les doses.
Un bilan annuel est parfois souhaitable en neuropsychologie pour informer le médecin traitant de toute modification au niveau de l'efficience cognitive d'un sujet, notamment dans le cas de maladies potentiellement dégénératives ou suite à des traitements médicaux invasifs (chimiothérapie, radiothérapie, neurochirurgies…)
Inversement, ce bilan peut permettre de signaler une amélioration substantielle des capacités d'apprentissage d'un sujet suite aux interventions médicales ou sous l'effet de la rééducation fonctionnelle, amélioration permettant d'anticiper un meilleur pronostic scolaire et de mieux cibler les interventions.
Les facteurs neurologiques et psychoaffectifs sont souvent étroitement imbriqués lorsqu'un enfant se trouve en échec scolaire et il est important de savoir lesquels doivent être qualifiés de "primaires" (c'est à dire à l'origine même des troubles observés dans l'autre domaine) pour mieux intervenir.
En effet, diagnostiquer un grave syndrome dysphasique chez un jeune enfant constitue clairement la reconnaissance d'un handicap d'étiologie neurologique, qui affecte généralement à la fois sa capacité à comprendre ce qui lui est dit et à s'exprimer de façon intelligible. Cependant, par sa nature même, cet handicap conduit le plus souvent l'enfant qui en souffre à un repli sur soi et donc à un évitement des relations sociales pouvant être parfois interprété comme un retrait autistique.
Admettre cet enfant dans une classe spéciale pour rééduquer son langage et lui donner d'autres moyens de communiquer se révèle souvent libérateur et permet au sujet de rétablir une certaine normalité dans ses échanges relationnels, éliminant du même coup un diagnostic d'ordre psychiatrique.
Inversement, la présence de troubles de nature psychoaffective (désordres anxieux, phobies, pré-psychoses…) ou de troubles du caractère entraînera nécessairement une perturbation dans le cheminement scolaire d'un sujet. On peut donc s'attendre à ce qu'il présente des difficultés d'apprentissage "secondaires" à sa problématique affective ou comportementale.