Centre d'Évaluation neuropsychologique et d'Orientation Pédagogique

Pourquoi une évaluation neuropsychologique?

En cas d'échec scolaire
Pour mieux connaître les particularités d'apprentissage d'un sujet
Pour poser un diagnostic différentiel
Pour déterminer ses besoins particuliers
Pour vérifier les bienfaits de sa médication
Pour suivre son évolution, suite à un diagnostic médical ou à un traitement
Pour identifier la part respective des facteurs neurologiques et psychoaffectifs dans sa problématique scolaire
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Échecs scolaires

Un élève peut échouer dans une ou plusieurs matières et pour des raisons très diverses. Le bilan neuropsychologique permettra de déterminer la nature des difficultés scolaires d'un sujet et de conclure à la présence ou non d'un véritable trouble d'apprentissage.

Pour mieux cerner la nature des difficultés d'apprentissage, la neuropsychologue gagnera souvent à consulter la série de bulletins scolaires de l'enfant, échelonnés tout au long de sa scolarité. En effet, il peut être intéressant de vérifier si les moins bonnes notes du sujet en mathématiques ont sanctionné :

  • l'exécution des opérations de base (additions, soustractions), très sensible à un déficit attentionnel ou mnésique ou à une faiblesse des processus séquentiels;
  • l'apprentissage des opérations plus complexes (emprunts, multiplications, divisions, opérations sur les fractions), très sensible à un déficit de représentation visuo-spatiale;
  • la résolution de problèmes arithmétiques, dépendant des capacités de raisonnement et des processus simultanés d'imagerie mentale;
  • l'application des règles algébriques, reposant sur l'attention et la mémoire ainsi que sur la capacité à travailler de façon méthodique;
  • l'interprétation des problèmes de géométrie qui requiert une bonne perception des relations visuo-spatiales et une bonne capacité d'intégration du vocabulaire correspondant.

De la même façon, un échec scolaire en français peut provenir de causes très diverses :

  • la maîtrise du décodage en lecture requiert une parfaite connaissance des règles de correspondance graphèmes-phonèmes. Une absence d'automatisation de ce décodage, surtout après plusieurs années d'apprentissage, est souvent indicatrice de dyslexie;
  • la compréhension du texte lu est loin de reposer seulement sur une maîtrise du décodage. Pour atteindre cette compréhension, le sujet doit développer les compétences linguistiques nécessaires :
    - un bon niveau de vocabulaire,
    - une capacité d'intégration des multiples informations disponibles,
    - l'extraction d'inférences,
    - la sensibilité aux métaphores qui permet de dépasser l'interprétation littérale du texte;
  • la correction orthographique ne peut être atteinte que si le scripteur possède à la fois :
    - de bonnes habiletés de segmentation phonologique,
    - un lexique orthographique compétent, permettant de visualiser la forme des mots dits "irréguliers",
    - une bonne connaissance des règles grammaticales de base. Un échec majeur dans ce domaine peut être évocateur d'une dysorthographie, associée ou non à une dyslexie;
  • la valeur d'une composition de texte ne repose pas que sur sa correction orthographique. Le choix du vocabulaire, le respect de
    la ponctuation et de la syntaxe, l'originalité des idées, l'agencement des divers paragraphes constituent fréquemment un bon indicateur des compétences linguistiques d'un sujet, sauf dans le cas où ce dernier présente un trouble spécifique de la lecture et de l'orthographe.

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Particularités d'apprentissage d'un sujet

Il peut être essentiel de déterminer le style cognitif préférentiel d'un sujet pour comprendre comment il traite les informations, comment il les met en mémoire et comment il les applique.

Lorsqu'un sujet travaille préférentiellement de façon séquentielle, il accumule des informations de détail, il retient le déroulement chronologique des situations qui lui sont exposées, il applique, étape par étape, les "modes d'emploi" qu'on lui enseigne. Il a donc besoin qu'on lui montre quoi faire, quand le faire et comment le faire, chaque fois qu'on veut lui apprendre une nouvelle technique.

Lorsqu'un sujet travaille préférentiellement de façon simultanée, il retient "en gros" les informations qu'on lui présente et seulement dans la mesure où celles-ci s'inscrivent dans le cadre d'une connaissance déjà acquise. Il est donc souvent réticent à utiliser un "mode d'emploi" pré-établi, préférant se fier à sa propre compréhension des situations et enrichir ses connaissances au gré de ses expériences personnelles. Il a besoin de se sentir impliqué personnellement pour s'intéresser à l'apprentissage d'une nouvelle technique.

L'approche pédagogique à mettre en place pourra donc être très influencée par les spécificités que présente tel ou tel sujet dans sa façon de comprendre, de mémoriser et d'appliquer ses connaissances, lors de la réalisation d'une tâche.

Le neuropsychologue dispose d'un certain nombre d'outils d'évaluation, permettant d'apprécier la manière selon laquelle le sujet utilise les processus cognitifs dans le traitement qu'il fait des informations qui lui sont transmises. Un "mauvais élève" utilise souvent de façon rigide les mêmes processus, quelles que soient les tâches à exécuter, et il manque alors de souplesse dans son adaptation aux situations nouvelles. Un entraînement orthopédagogique systématique peut permettre à l'élève en difficultés de diversifier ses processus d'apprentissage et d'augmenter l'efficience de ceux-ci à travers l'utilisation de meilleures stratégies d'encodage. Apprendre à apprendre devient alors très souvent le but ultime de la rééducation.

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Pour poser un diagnostic différentiel

Les difficultés d'apprentissage peuvent être de nature très diverse et elles nécessitent un diagnostic précis pour bien orienter les mesures pédagogiques.

Les difficultés peuvent être non-spécifiques et relever

  • d'une capacité attentionnelle limitée
  • d'une atteinte du raisonnement de l'abstraction
  • d'une faiblesse de la mémoire
  • de difficultés langagières, touchant la compréhension et/ou l'expression orale du sujet
  • de difficultés perceptuelles, de nature auditive ou visuelle
  • d'une mauvaise organisation spatio-temporelle * d'une maladresse motrice, entraînant des difficultés calligraphiques
  • d'une déficience intellectuelle d'intensité variable
  • les difficultés peuvent aussi être spécifiques et relever d'un syndrome particulier

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Pour déterminer ses besoins particuliers

Dans certains cas, un simple changement de classe ou d'école sera suffisant pour mieux répondre aux besoins particuliers du

sujet évalué, selon les critères suivants :

  • les attentes du milieu sont-elles trop ou pas assez élevées?
  • l'approche pédagogique utilisée est-elle trop ou pas assez structurée?
  • le ratio maître-élèves est-il trop grand pour permettre une attention individualisée?

Dans d'autres cas, l'ajout de mesures rééducatives, sur une base régulière (1 à 2 séances par semaine habituellement), sera la meilleure solution pour redresser la situation.

Parfois un redoublement de classe sera fortement recommandé ou encore une orientation vers un milieu scolaire adapté spécifiquement à la problématique du sujet s'imposera pour donner au sujet une véritable chance de progresser à son rythme.

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Pour déterminer les bienfaits de sa médication

Les enfants qui présentent un syndrome d'inattention avec ou sans hyperactivité gagnent souvent à prendre une médication psychostimulante. Bien des parents toutefois se montrent réticents à l'administrer car ils n'ont pas les moyens de vérifier par eux-même l'efficacité du médicament.

Un test-retest peut être effectué au cours du bilan neuropsychologique pour déterminer l'efficacité de celle-ci, à travers des tâches comparables.

Il est également parfois souhaitable d'évaluer les effets secondaires de telle ou telle médication (neuroleptique, antidépresseur, anxyolytique…) sur les capacités attentionnelles du sujet pour permettre au médecin de mieux ajuster les doses.

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Pour suivre son évolution suite à un diagnostic médical ou à un traitement

Un bilan annuel est parfois souhaitable en neuropsychologie pour informer le médecin traitant de toute modification au niveau de l'efficience cognitive d'un sujet, notamment dans le cas de maladies potentiellement dégénératives ou suite à des traitements médicaux invasifs (chimiothérapie, radiothérapie, neurochirurgies…)

Inversement, ce bilan peut permettre de signaler une amélioration substantielle des capacités d'apprentissage d'un sujet suite aux interventions médicales ou sous l'effet de la rééducation fonctionnelle, amélioration permettant d'anticiper un meilleur pronostic scolaire et de mieux cibler les interventions.

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Pour identifier la part respective des facteurs neurologiques et des facteurs psychoaffectifs dans sa problématique scolaire

Les facteurs neurologiques et psychoaffectifs sont souvent étroitement imbriqués lorsqu'un enfant se trouve en échec scolaire et il est important de savoir lesquels doivent être qualifiés de "primaires" (c'est à dire à l'origine même des troubles observés dans l'autre domaine) pour mieux intervenir.

En effet, diagnostiquer un grave syndrome dysphasique chez un jeune enfant constitue clairement la reconnaissance d'un handicap d'étiologie neurologique, qui affecte généralement à la fois sa capacité à comprendre ce qui lui est dit et à s'exprimer de façon intelligible. Cependant, par sa nature même, cet handicap conduit le plus souvent l'enfant qui en souffre à un repli sur soi et donc à un évitement des relations sociales pouvant être parfois interprété comme un retrait autistique.

Admettre cet enfant dans une classe spéciale pour rééduquer son langage et lui donner d'autres moyens de communiquer se révèle souvent libérateur et permet au sujet de rétablir une certaine normalité dans ses échanges relationnels, éliminant du même coup un diagnostic d'ordre psychiatrique.

Inversement, la présence de troubles de nature psychoaffective (désordres anxieux, phobies, pré-psychoses…) ou de troubles du caractère entraînera nécessairement une perturbation dans le cheminement scolaire d'un sujet. On peut donc s'attendre à ce qu'il présente des difficultés d'apprentissage "secondaires" à sa problématique affective ou comportementale.

 

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