CENTRE
D'ÉVALUATION NEUROPSYCHOLOGIQUE
ET D'ORIENTATION PÉDAGOGIQUE FL

DOCUMENTATION


Interventions en Grand Groupe

Marina Attié, M.Ps.

Neuropsychologue
Pratique privée et CÉNOP-FL

Micheline Filion M.Ps

Psychologue Scolaire
Vanguard.

Équipe École Vanguard Secondaire et intervenants au Régulier

Après ces 2 journées de réflexion sur le diagnostic différentiel et les interventions de rééducation individuelle, il nous a paru essentiel de réfléchir en équipes multidisciplinaires sur les aménagements qui devraient être envisagés tant en milieu de classe spéciale qu'au régulier pour permettre au mieux la progression académique des élèves diagnostiqués dyslexiques.

La dyslexie s'inscrivant dans le continuum des troubles du langage, nous avons vu que certains dyslexiques éprouvent des difficultés persistantes à intégrer de multiples informations verbales, même sur un mode oral. On comprend alors que ces élèves ne parviennent pas à suivre le rythme du programme pédagogique régulier n'étant pas en mesure de s'appuyer sur le langage oral pour compenser leurs difficultés à l'écrit. À cela s'ajoutent presque toujours des troubles d'attention et une faiblesse des processus auditivo-séquentiels qui perturbent d'autant la capacité à manipuler le langage dans sa composante phonologique. Dans ces conditions le recours au groupe à effectif réduit devient presqu'inévitable. À titre d'exemple, l'école Vanguard s'est efforcée, souvent avec succès, au cours des années passées à trouver les aménagements pédagogiques les plus propices aux élèves qui présentent cette problématique. Cette équipe nous fera part de son cheminement et, Gabrielle, 21 ans, témoignera de sa lutte pour décrocher son diplôme du Secondaire et poursuivre avec succès ses cours de Cégep en Arts au Vieux-Montréal.

Par contre, un bon nombre de dyslexiques ne manifestent aucune difficulté de compréhension verbale en situation orale et devraient donc être en mesure de poursuivre avec succès une scolarité normale. Mais pour le milieu qui les accueille tout reste à inventer. Vivre le quotidien en milieu scolaire comme dyslexique, quel formidable défi ! C'est un chemin souvent parsemé d'embûches où l'étudiant peut être en proie au découragement. Pourtant, Nicolas, 16 ans, terminera bientôt un programme secondaire dans son école de quartier. Le dénouement est tout à fait souhaitable, me direz-vous, mais quels en sont les enjeux ?

Mon expérience de près 20 ans comme clinicienne en milieu scolaire m'a maintes fois démontré que l'intégration du dyslexique à la vie quotidienne de la classe n'est pas toujours chose facile. Il existe des facteurs de réussite incontournables et sans lesquels l'intégration peut s'avérer une expérience douloureuse. Certains d'entre eux sont intrinsèques au profil affectif de l'élève. Il faut donc tout autant considérer sa motivation et sa disponibilité affective, que son profil de forces et de faiblesses sur le plan neuropsychologique.

La recherche au Québec s'intéresse beaucoup au diagnostic et à la rééducation mais peu est fait pour définir les facilitateurs nécessaires au maintien de cet enfant dans son milieu. Que l'on pense seulement à la période de lecture ou à la dictée hebdomadaire! Il arrive un moment où la bonne volonté de l'enseignante ne suffit plus.

Forts de ces constatations, un certain nombre d'intervenants au régulier réfléchissent actuellement sur l'élaboration d'un modèle idéal d'intégration du dyslexique, lequel pourrait être conçu à partir de l'identification des facilitateurs les plus efficaces. Pour ce faire ce regroupement a mis au point un questionnaire à l'intention des enseignants qui sont confrontés journellement à ce type d'enfants et il leur est proposé de participer à cette 1ère étape de cueillette de données. Ceci devrait permettre par la suite de dégager les grandes lignes de l'intervention en grand groupe.

Vous trouverez ce questionnaire dans vos pochettes.